Lettre aux communautés éducatives des établissements scolaires du réseau la Présentation de Marie

Bonjour à toutes et à tous,

Nous allons vivre cette fête de la Toussaint 2020 dans une atmosphère bien lourde et anxiogène.

Pour la deuxième fois en quelques mois, le Président de la République vient de nous annoncer un confinement.

Cette mesure particulièrement difficile à prendre est malheureusement nécessaire pour éviter l'écroulement de notre système de santé. Beaucoup d'autres pays européens se retrouvent dans la même impasse et la même situation que nous. 

Dans ces moments douloureux pour notre pays, l'école va avoir plus que jamais un rôle essentiel à jouer pour amortir, autant que possible, les terribles effets économiques, sociaux, familiaux, psychologiques et pédagogiques liés à ce nouveau confinement.

Nous savons que les personnels de santé qui ont été usés et éprouvés par la première vague de l'épidémie vont courageusement faire face à cette seconde vague qui s'annonce encore plus forte. Je sais qu'il en sera de même pour les personnels et les enseignants de nos établissements. Qu’ils soient assurés de toute notre gratitude, de notre soutien et de notre amitié.

Nous avons été profondément bouleversés et sidérés par la décapitation, dans notre pays, d'un professeur, Samuel Paty, après un cours sur le fait religieux et la liberté d'expression. Nous l’avons aussi été en découvrant le terrible attentat à la Basilique Notre Dame de l’Assomption à Nice.

Je vous livre ci-dessous un très beau texte de Jean-Paul Vesco, évêque d'Oran. Il est rempli d'équilibre et de sagesse.  Il nous invite à placer Dieu au-dessus des religions et à admettre en lui une part d’inconnaissable. C’est précisément cette foi humble et authentique, celle que nous devons proposer dans nos écoles, qui ouvre et nourrit le dialogue interreligieux. Et c’est précisément le contraire qui conduit à toutes les formes de fondamentalisme religieux. Il nous invite aussi à bien repérer les deux dangers qui nous guettent : certes une fraternité (une complaisance) lâche ou naïve, mais aussi une fermeté aveugle. Il nous faut tous être unis, dans une fermeté fraternelle, contre l'ignorance, la peur, la haine et la violence. Il nous faut condamner et agir, de la même manière, contre l'islamisme radical et contre les amalgames qui conduisent à l'islamophobie.

 

La meilleure réponse aujourd'hui est celle que nous pourrons apporter ensemble (chrétiens, musulmans…) en condamnant ce terrible assassinat et en témoignant de notre attachement à la France, à son école, à la vraie laïcité (qui ne nie pas les religions mais les protègent des dérives fondamentalistes des unes des autres) et aux valeurs de la République.

Par Jean-Paul Vesco, évêque d'Oran.

"Chers tous, plusieurs commentaires ou échanges mettent bien en évidence la difficulté de nous accepter mutuellement dans nos différences et de nous aimer. Il est une parole du bienheureux Pierre Claverie, évêque d'Oran assassiné le 1er août 1996, qui me sert de boussole : "Nul ne possède Dieu, nul ne possède la vérité et j'ai besoin de la vérité de l'autre". Tant que nous ne posons pas une part d'inconnaissable sur un Dieu forcément plus grand que la représentation que nous pouvons nous en faire à travers le prisme de nos religions et de nos humaines imaginations, il ne nous est pas possible de pressentir dans la foi de l'autre ne serait-ce qu'un angle de vue qui nous échappe, qui peut peut-être nous enrichir, ou au moins éviter de la caricaturer (!) Poser une part d'inconnaissable sur Dieu permet de ne pas avoir trop vite raison sur les autres, et finalement d'avoir raison sur Dieu. C'est là le propre de tous les fondamentalismes.

Pierre Claverie avait aussi coutume de dire" "nous devrions tous avoir un ami musulman". C'est un chemin plus sûr pour entrevoir quelque chose de ce qui fait vivre le croyant d'une autre religion que de s'appuyer uniquement sur une lecture, nécessairement non croyante, de nos textes fondateurs respectifs. 

L'importance des commentaires et des partages m'ont confirmé dans le sentiment que cet 

assassinat requérait un appel à la fraternité, et pas seulement de condamnation. Les unes resteront vaines sans les autres. Merci à vous !"

Prenez soin de vous, de vos familles et de vos proches.

Bien sincèrement,

Lionel JULIÉ
Délégué de Tutelle

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